"Panoplie éphémère"

Quand la nature devient jouet

 

Lucille Lamirand

 
ESDMAA-DSAADp-Panoplie-Lucille_Lamirand-Portrait4.jpg

 

Aujourd’hui, les jouets sont assez inévitablement obsolescents et nous les sur-consommons. Alors pourquoi ne pas les concevoir comme des objets volontairement éphémères, qui, finalement, ne dureront pas ? Pour cela, la nature, elle-même éphémère, m’a paru être à la fois une matière et un terrain de jeu parfaits. 

Cette panoplie de costumes, en papier plat découpé, se compose alternativement d’un masque, d’une collerette, d’une ceinture et d’une manchette. Les enfants peuvent venir les agrémenter de ce qu’ils trouvent dans la nature, puis s’en vêtir pour s’immiscer dans celle-ci, tels des personnages des peintures d’Archimboldo. 

Les enfants ont alors une grande liberté d’actions. Ils peuvent choisir leur couleur de costume, les pièces qui vont le composer, et la forme qu’elles vont prendre grâce aux micro-perforations qui permettent de détacher certaines parties. Puis, la nature viendra amplifier les objets et leur faire prendre une toute autre forme. Les possibilités sont infinies, car ces parures ne seront jamais les mêmes selon les saisons ou le lieu où l’on se trouve. 

Ces jouets sont un point de départ à une infinité de jeux. Ils stimulent l’imaginaire et la créativité des enfants par les divers effets plastiques avec lesquels ils pourront jouer. Ils pourront exprimer leur identité et leur humeur à travers ces objets, et se créer un personnage ou des histoires autour de ceux-ci. Ils seront aussi amenés à découvrir la nature et à l’observer plus attentivement. 

Une fois le jeu terminé, les enfants pourront garder ces parures et les collectionner. A la manière d’un bouquet de fleurs, ce qui compose la parure va sécher au fil des jours. La nature pourra alors retourner d’où elle vient, et le papier être recyclé, ou la panoplie pourra se dégrader d’elle-même à l’extérieur.