Papiers inédits

 1 DSAA Design produit

 

Projet mené en partenariat avec le Moulin Richard de Bas, Ambert.
Septembre octobre 2014

Les étudiants de 1ère année de DSAA ont participé à un workshop de quatre semaines en partenariat avec le Moulin Richard de Bas à Ambert (Auvergne). Inspirées du savoir-faire ambertois (l’inclusion de fleurs fraîches dans la pâte à papier), les feuilles fabriquées par les étudiants font émerger de nouvelles pistes créatives et soulignent les incroyables propriétés plastiques de cette matière naturelle.

Les deux premières semaines du projet se sont déroulées au lycée où un atelier papier a été mis en place pour l’occasion. Le matériel nécessaire à la production de feuilles de papier a été conçu par les enseignants du pôle DSAA et fabriqué dans les ateliers de l’établissement. La pâte à papier fraîche nous a été fournie par le Moulin Richard de Bas.

Après cette première phase d’expérimentation, étudiants et enseignants se sont rendus durant la troisième semaine au Moulin Richard de Bas afin d’affiner et développer les projets esquissés. Accompagnés de Sylvain Péraudeau, gérant du Musée Richard de Bas, et de Bernard Prat, maître papetier, les étudiants ont disposé de trois jours pour poursuivre leurs premiers essais et produire une gamme de papiers originaux.

De retour à Yzeure, la dernière semaine de workshop a permis le montage d’une exposition présentant les papiers les plus aboutis, quelques expérimentations et le matériel nécessaire à l’ensemble de ces productions.

 

les projets

 

"Trames" - Marine Batsch

Ce projet s’inscrit dans la tradition du Moulin Richard de Bas, c’est-à-dire l’inclusion de pétales de fleurs et de végétaux dans la pâte à papier de manière aléatoire ou illustrative. Il s’agit ici de revisiter ce savoir-faire en proposant une organisation raisonnée des éléments apposés sur la pâte. Le pétale, auparavant perçu comme un élément floral, devient un signe répété constituant une trame, une écriture, un motif témoignant d’un geste de fabrication. Ce travail explore la limite entre l’abstraction et la persistance de la lecture du végétal comme constituant de la feuille.

 

"Abymes" - Stéphanie Guerrier

Ce projet exploite le principe de superposition de différentes couches de matière, papier dans le papier, couches pressées ensuite de manière différée ou simultanée. Le procédé utilisé pour créer une mise en abyme permet de jouer sur de multiples caractéristiques du matériau telles que le grain, la couleur, l’épaisseur ou la transparence. Trop souvent dissimulée derrière quelques lettres d’encre, la feuille n’est plus seulement support d’imprimerie mais devient un objet à part entière incluant une écriture singulière.C’est en l’observant, la manipulant et en parcourant sa surface que nous redécouvrons le potentiel d’une matière et d’un savoir-faire historique.

 

"Chromatographies" - Antoine Bouré

Débutant par des recherches axées sur la coloration du papier, ce projet exploite les propriétés hydrophobes de la matière colorante grâce à la technique du papier marbré. Cette technique gagne grandement à être maîtrisée plutôt qu’abandonnée aux formes hasardeuses qu’elle peut faire naître, même si les motifs qui en découlent restent absolument abstraits. Tout l’intérêt réside en la génération de formes avec la couleur à la surface de l’eau, chaque motif devenant caractéristique et témoignant d’un mouvement bien défini de la main et de l’outil, ou d’un dépôt de couleur plus ou moins régulier et important. L’objectif est alors de créer une tâche que l’on puisse contrôler sans qu’elle ne soit figurative, qui possède sa propre signature visuelle et plastique, fixant l’éphémère pour un rendu intemporel. Ainsi, la couleur sur le papier devient l’empreinte d’une forme possible parmi tant d’autres, et le papier Richard de Bas le réceptacle de cette empreinte.

 

"Groisil" - Léa Froment

Le projet propose une rencontre entre deux matières, le papier et le verre. Il exploite la souplesse du papier, sa fibre qui permet de structurer la surface et sa matité. Il contraste avec le verre, transparent, lisse, cassant, brillant et coloré. L’association de ces deux matières permet la création de papiers originaux, de papiers composites à l’état de surface grainé. Cet aspect brut est modulé par la présence de particules de verre qui habillent le papier et jouent d’opacité, de transparence et d’éclat.

 

"Glyphes" - Maud Kijko

Glyphes propose de revenir à l’origine du signe, de la communication écrite, en utilisant le papier non plus comme support au traçage d’un message mais comme porteur de sens dans sa structure elle-même. Grâce au travail d’un jeu de plaques gravées de motifs géométriques, le papier épouse les aspérités, pleins et creux du gabarit pour devenir lui-même signe. Occasionnant une lecture tant visuelle que tactile, Glyphes reprend quelques codes graphiques de la tradition écrite pour devenir l’expression d’une topographie contemporaine.

 

"Tectonic papers" - Quentin Morineaux

Ce projet explore un processus de création permettant l’obtention de feuilles de papier plissées et colorées de façon aléatoire. L’introduction d’un film d’aluminium plissé et de pigments colorés dans le temps de production de la feuille de papier permet de révéler des états de surface nouveaux et des cartographies abstraites. Ce processus de fabrication permet de faire émerger une nouvelle gamme de papiers où chaque feuille présente une marbrure inédite et unique.

 

"Ajours" - Cindy Bosquet

Le papier, comme support d’écriture, est communément perçu comme une surface plus ou moins uniforme. Ce projet prend le contrepied de cette idée de la feuille pleine en explorant le thème de l’ajour. Différentes techniques permettent l’obtention de surfaces évidées et de dentelles de pâte : intervention sur le cadre dans la pâte fraîche ou moulage. Les ajours obtenus destructurent la feuille pour en donner une nouvelle perception. Le papier « percé à jour » devient paysage, réseau de fibres, maillage végétal ou géométrique grossi comme au travers d’un microscope.

 

"Relief" - Clément Gaumont

L’embossage du papier est une technique normalement réalisée avec des feuilles sèches. L’idée est ici d’apporter du relief à la feuille au moment de sa fabrication en exploitant la plasticité de la pâte humide. Ce projet s’inscrivant dans un partenariat avec le Moulin Richard de Bas, il est intéressant d’exploiter son identité visuelle et d’en proposer des variations en gaufrage. La composition de ces éléments graphiques et typographiques permet d’imaginer des papiers supports d’écriture ou des surfaces abstraites à afficher où le logo devient motif.

 

"Papiers épicés" - Mégane Schlepp

Ce projet exploite les possibilités de coloration du papier à partir de poudres d’épices. Chaque condiment permet d’obtenir une teinte naturelle et il résulte de ces expérimentations des nuanciers allant de couleurs désaturées à saturées obtenues par succession de dosages précis. Ce process invite à une perception nouvelle de la matière, le sens de l’odorat entre en jeu et modifie notre lecture du papier en dépassant le simple rapport tactile et visuel.

 

"Labo papier" - Marie Peyrafort

Introduire, incorporer, mélanger malaxer, touiller, imbiber, napper, saupoudrer, disperser, parsemer, ajouter divers ingrédients à la pâte à papier autres que des pétales de fleurs. Que va-t-il se passer… ? La pâte à papier devient granuleuse, bulleuse, collante, transparente. Elle se cristallise, s’épaissit, se solidifie, se teinte légèrement. 

D’une pâte qui se veut normalement homogène et lisse, on obtient une «peau» modifiée dans sa structure. La matière « papier » se creuse et crépite sous l’action de la levure chimique et de la maïzena, cloque puis se fige comme du cristal sous l’action du sucre en poudre, devient transparente chargée en tapioca et colle vinylique lors de son séchage.

Ces transformations chimiques inhabituelles lui confèrent un nouvel aspect. Différentes textures naissent alors de ces bouts de chiffons malaxés. Mais attention ! Toutes ces transformations entraînent une fragilité de la matière. Le papier perd sa fonction première, écrire dessus devient alors impossible. Peu à peu il se transforme en un tout autre matériau. Le papier devient dentelle, plastique, cassant, coupant, sonore, élastique voire éphémère…

 

"Woo. & Pap" - Erwan Palaric

L’incorporation de bois sous diverses formes dans la pâte à papier permet de jouer sur les caractéristiques physiques et matérielles de la feuille obtenue. À travers des recherches de densités, d’essences et de formes différentes, les compositions présentent des jeux de textures variées et riches. Que ce soit en copeaux, en poudres ou en filaments, le bois amène une nouvelle trame au papier et met en question la structure de la feuille, la rendant dans certains cas plus rigide, plus vulnérable ou plus poreuse.

 

"L'herbier" - Romane Van Troost

Si la particularité du papier Richard de Bas est cette inclusion d’éléments végétaux, ce projet en est son antonyme. En effet, la présence du végétal est marquée par son absence. L’empreinte de la plante, pressée, estampille le papier uni. Ce qui fait la renommée du Moulin est cette disposition aléatoire de pétales dans la pâte et sur le papier. Cosmos, soucis et fougères prennent place sur le tamis sans l’intervention du papetier. Ici, le végétal est délibérément choisi, placé afin qu’il offre toutes ses formes et détails au papier. Sous l’effet d’une presse, la finesse des fibres végétales est transposée sur le papier. La plante s’étale sur le support, s’imprègne dans la matière et offre alors au spectateur tout le détail qui la révèle. L’herbier naît d’une série d’empreintes plus ou moins marquées par la morphologie des plantes.